Noël en Finlande

Hyvää huomenta!‎ Bonjour!

Tervetuloa Suomeen!! Bienvenue en Finlande!!

Aujourd’hui, 13 décembre, les Finlandais comme les autres peuples du nord de l’Europe, fêtent Sainte Lucie. Et comme le village du Père Noël est en Finlande, le choix était tout trouvé!

Nous voilà donc dans les forêts nordiques, la neige, le froid, la nuit, mais aussi les aurores boréales, les balades en traîneau, et la chaleur des Finlandais!

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Noël aux Philippines

Magandang umaga! Bonjour!

Maligayang pagdating sa Pilipinas!! Bienvenue aux Philippines!!

Retour en Asie ce soir dans le pays le plus christianisé du continent. 

Un peu d’histoire tout d’abord : les Philippines, un archipel de plus de 7000 îles d’Asie du Sud-Est, ont été colonisées par l’Espagne dès le XVIè siècle. A la fin du XIXè siècle, naît un fort mouvement d’indépendance parmi les Philippins. Les Etats-Unis l’encouragent et s’engagent militairement. L’Espagne, ne voulant pas abandonner leur territoire si facilement, finit par vendre les Philippines aux Etats-Unis. Vient alors une nouvelle période de colonisation, pendant laquelle la culture hispanique est effacée et est remplacée par une culture angliciste. En 1935, les Etats-Unis signent un traité de semi-autonomie, pour accompagner le pays vers l’indépendance. C’était sans compter sur la seconde guerre mondiale, puisqu’en 1942, les Philippines passent sous occupation japonaise. Elles ne seront totalement indépendantes qu’en 1946.

Voilà pourquoi plus de 80% de la population est chrétienne, et sait parfaitement mêler les traditions espagnoles, américaines et locales. Ce soir, je vous parlerai donc un peu tagalog, langue officielle du pays, espagnol, et anglais. Et vous verrez aussi que certaines de leurs coutumes ressemblent fort à celles des Mexicains!

C’est aussi, je pense, le pays qui fête Noël le plus longtemps! En effet, les préparatifs commencent dès le 1er septembre! Les décorations se multiplient dans les espaces publics, les magasins et les maisons, il n’est donc pas étonnant de voir des décorations de Noël et d’Halloween cohabiter fin octobre. Et surtout, le Père Noël fait des apparitions de plus en plus fréquentes à la télévision, pour faire un décompte jusqu’au 25 décembre. De même, les radios locales passent des chants de Noël de plus en plus fréquemment au fur et à mesure que la date approche. 

Les décorations les plus typiques sont les Parol. Ce sont des lanternes fabriquées à la main en forme d’étoile, qui symbolisent l’étoile du berger qui a guidé les Rois Mages. Leur armature est en bambou, et elles sont recouvertes de papier japonais, de nacre et autres matériaux. A l’intérieur, on place une petite bougie ou une lumière électrique. Elles sont installées partout, le long des routes, sur les devantures des maisons et des magasins. On les allume chaque soir.Elles sont de plus en plus nombreuses et on y ajoute de plus en plus de décorations, de guirlandes, lorsque Noël approche.

Les crèches, appelées Belen, sont toutes plus belles les unes que les autres, sont pleines de petits personnages et de détails, et sont partout, même sur les plages.

Les Philippins n’oublient pas l’arbre de Noël. Les seuls sapins de l’archipel sont en plastique, alors certains se débrouillent pour en créer avec des matériaux de toutes sortes. Tout est permis : coquillages, branches, objets fantaisie…

La période du 16 au 24 décembre, appelée Novena, correspond au temps le plus fort de Noël, comme au Mexique. Ces neufs jours correspondent à la période d’errance de Marie et Joseph entre Nazareth et Bethléem. Des messes sont alors célébrées tous les matins à l’aube, ou à l’heure du coq, ce sont les « missa de gallo » ou « simbang Gabi ». A 3 ou 4 heures du matin, les cloches des églises sonnent en choeur pour appeler les fidèles, et la messe est dite entre 5 et 7 heures. Il faut remonter à l’occupation espagnole pour comprendre pourquoi on se lève si tôt pour aller à la messe : à l’époque, les agriculteurs travaillaient toute la journée. Les missionnaires ont donc célébré la messe à une heure très matinale pour que tous ceux qui travaillaient puissent y assister. 
La croyance dit qu’il faut assister au moins à la première des neuf messes pour que son voeu soit réalisé l’année suivante.
Les messes se terminent par une fête, où l’on mange des plats traditionnels.

Pendant cette même période, en soirée, les enfants passent de maison en maison pour leur chanter des chants de Noël, les pangangaroling. Ils ont fabriqué leurs instruments de musique eux-mêmes, avec les moyens du bord, par exemple, des tambourins avec des bidons vides recouverts de plastique. On leur donne un peu d’argent, du salabat (du thé au gingembre) ou du kakanin (un gâteau à base de riz et de noix de coco).

Dans les rues, les écoles ou les universités, sont également organisés des défilés avec de petits orchestres locaux.

Le soir du 24, tout s’agite, c’est la veille de Noël (Noche Buena)! La famille entière arrive petit à petit dans la maison, le dîner du réveillon est déjà installé, mais personne n’y touche avant le retour de la messe de minuit, la misa de Aguinaldo, où l’on se rend dans ses plus beaux vêtements.

Avant la messe, un spectacle surprenant, panunuluyan, commence, on recrée la scène de la Nativité. Un jeune couple déguisé en Marie et Joseph passe la soirée à frapper aux portes des maisons et demande l’hébergement à tout le voisinage, mais tout le monde refuse. Le couple se rend alors à l’église, accompagné d’un groupe d’enfants. Tous défilent vers la crèche, des jeunes filles vêtues de blanc dansent dans les allées de l’église. Dès que la femme qui joue Marie a déposé l’enfant Jésus dans son berceau, tous les fidèles chantent le Gloria.

Chaque famille rentre chez elle, où l’attend le repas du réveillon, Christmas feast, présenté comme un buffet, sur une grande table couverte de feuilles de bananier, où chacun mange debout avec les mains. Sont à l’honneur le lechon, un cochon de lait rôti, du jambon, du bibingka ou puto bumbong, des gâteaux de riz achetés sur le parvis de l’église. Beaucoup de mets sont inspirés de l’influence espagnole.

Les enfants ouvrent leurs cadeaux, apportés par le Père Noël, Santa Claus, puis vers 5h du matin, chacun rentre chez soi. 

Le matin, on rend visite à ses aînés pour se faire bénir. Les enfants, habillés de leurs vêtements tout neufs, vont chez leurs parrains et marraines, qui leur donnent un cadeau ou des friandises, puis rentrent chez eux avant midi.

Enfin, les Philippins ont adopté une tradition coréenne : sur les photos de Noël, les enfants croisent souvent l’index et le pouce. Cela représente un petit coeur, c’est signe d’amour!

J’espère que cet article sur cet archipel très éclectique, par la diversité de ses 7000 îles mais aussi par la richesse de son histoire vous a plu!

Maligayang Pasko!! Joyeux Noël!!

Noël en Ethiopie

ጤናይስጥልኝ! Tenastelin! Bonjour!

ወደ ኢትዮጵያ እንኳን ደህና መጡ!! wede ītiyop’iya inikwani dehina met’u!! Bienvenue en Ethiopie!!

Après la version très commerciale du Japon, j’ai cherché un pays aux coutumes portées sur la religion, et l’Ethiopie s’est imposée.

Petit résumé historique pour commencer (parce que j’ai appris plein de choses!) :
Le christianisme est devenu religion d’Etat vers 340 après JC, dans l’un des quatre grands Empires de la période avec Rome, l’Inde et la Chine, l’Empire d’Axoum, qui regroupe l’Ethiopie et l’Erythrée, lorsque l’Empereur Ezanas s’est converti d’une religion polythéiste, alors en vigueur, au Christianisme. Ceci en fait, avec 60% de la population, la deuxième plus ancienne nation continuellement chrétienne du monde, après l’Arménie. En effet, le Christianisme n’est devenu religion officielle à Rome qu’en 392 après JC.

En vert, l’Empire d’Aksoum

Voilà pourquoi dans la région, on trouve des représentations du Moyen-Age (vers le XVème siècle), de Jésus, Marie et des Saints comme des Noirs ressemblant aux populations locales.

Les Ethiopiens sont orthodoxes, et ont conservé le calendrier julien. Ils fêtent donc Noël le 7 janvier, puis douze jours après vient l’Epiphanie le 19 janvier. Le 11 septembre, c’est Enkutatash, la nouvelle année éthiopienne mais aussi fête de la Saint Jean, et enfin le 27 septembre, on célèbre Maskal, la découverte de la Vraie Croix, sur laquelle le Christ fut crucifié.

Le 7 janvier, lors de Genna (ገና : ge’ez) ou Leddet (ልደት), selon les régions, on ne fête donc pas le Père Noël, mais bien la naissance du Christ. Les fidèles, en habits traditionnels, assistent à la messe de Noël qui commence à 4h du matin. Pendant le service, chacun reçoit une bougie, les hommes sont à gauche, les femmes à droite. A la fin, toutes les personnes présentes font trois fois le tour de l’église. 

Procession autour d’une église traditionnelle enterrée

Quarante jours avant Noël, les Ethiopiens ont respecté le jeûne, et n’ont mangé qu’un repas par jour, qui ne contenait ni viande, ni poisson ni oeuf. Le 6 au soir, ils ont rompu le jeûne avec un repas léger, alors le 7, à la sortie de la messe, c’est repas de fête.

Chaque famille rentre chez elle, où de l’herbe fraîchement coupée a été dispersée, et prépare le plat traditionnel, le Doro Wat (ወጥ), un ragoût de poulet (acheté vivant!!) très épicé, au goût de citron, cardamome, muscade et paprika, qui sera servi dans un plat unique au milieu de la table. Chacun y trempe un bout d’injera (እንጀራ), une galette au goût aigre à base de farine de tef, une céréale locale. On ne mange que de la main droite, la main gauche est proscrite, et on offre aux autres une bouchée, en signe de respect et d’affection.

A la fin du repas, en entonnant une prière, le maître de maison coupe l’Hambasha (አምባሻ), un pain traditionnel sucré à la cardamome, symbolique du partage du pain.

Enfin, on boit le café, mais en Ethiopie on ne l’achète pas déjà en poudre! On l’achète vert, on le lave plusieurs fois on le torréfie et enfin on le pile, avant de le faire bouillir.

Enfin, les hommes, vêtus de blanc, se réunissent pour jouer au Genna, du nom de la fête, une sorte de hockey sur gazon, qui se joue avec une balle en bois et un bâton courbé. D’après la légende, les bergers de Nazareth y jouaient lors de l’annonce de la naissance du Christ.

Ici, pas de Père Noël, mais on n’oublie pas les enfants qui reçoivent une bénédiction ou de petits cadeaux.
Jusqu’à maintenant, la fête de Noël était fortement axée sur la religion. Cependant, j’ai été étonnée de découvrir des images de décorations, des sapins, de faux cadeaux dans les centres commerciaux, on sent que la version occidentale prend de plus en plus de place dans le pays. 

Un centre commercial à Addis Abeba

En tout cas, une chose est sûre, les Ethiopiens sont soucieux de garder leurs traditions dans un pays en pleine mutation.

መልካም ገና !! Melkam Gena!! Joyeux Noël!!

(Au fait, la langue, c’est de l’amharique!)

Noël au Japon

もしもし! Moshimoshi! Bonjour!

日本へようこそ!! Nihon e yōkoso!! Bienvenue au Japon!!

J’ai décidé de vous emmener à l’autre bout de la planète aujourd’hui! Bien sûr le Japon n’est pas chrétien, on n’y célèbre pas la naissance de Jésus (de qui??), mais ça ne les empêche pas de s’être inventé des traditions pour le 24 décembre, que nous ne soupçonnons pas ici.

Ce sont des missionnaires chrétiens qui ont introduit Noël au Japon au début du XXème siècle, puis de plus en plus de Japonais se sont pris au jeu de cette fête ouvertement commerciale et très américanisée, qui est aujourd’hui très populaire. Dès le 1er novembre, lorsqu’Halloween est terminé, les grandes villes et magasins sortent leurs illuminations, des faux sapins, guirlandes, boules et autres décorations sont mises en vente dans les supermarchés sur fond de chants de Noël, et des marchés de Noël commencent même à apparaître. Il paraît qu’en cherchant bien, on trouverait du vin chaud…

Alors que le 23 décembre est férié, puisque c’est le jour de l’anniversaire de l’Empereur Akihito, le 24 et le 25 ne le sont pas. Cependant, les Japonais ont préparé leur soirée de longs mois à l’avance.

En effet, Noël ne se passe pas en famille, mais c’est une soirée qui a toujours été associée aux amoureux et qui est réservée au couples. On se déclare sa flamme, on s’offre des petits cadeaux, on va dans un restaurant chic, très cher et souvent français, réservé depuis de longs mois, et il n’est pas rare de finir la soirée dans un love hotel!

Les célibataires ont cherché un partenaire depuis longtemps pour éviter de passer la soirée seuls, mais s’ils n’ont pas trouvé chaussure à leur pied, ils peuvent participer à des rencontres à l’aveugle (合 コ ン Gō ko n). Et puis, rien n’empêche de passer la soirée au karaoké entre amis.

Le 24, on célèbre le Père Noël. Les enfants ne sont donc pas en reste, et, comme la plupart des familles n’achète pas de sapin, le 25 au matin, ils découvriront au pied de leur futon des cadeaux apportés par サンタ (Santa, ou Santa San : Monsieur Santa), aidé par ほていおしょ (Hotei Osho), le Dieu bouddhiste de la bonne fortune.

Hotei Osho!

La fête qui s’apparenterait le plus à « notre » Noël est la célébration du jour de l’an, la nuit du 31 décembre. En effet, auparavant, le nouvel an japonais était basé sur le calendrier chinois, et était fêté au début du printemps. Mais depuis 1873, les Japonais suivent le calendrier grégorien, comme nous, et fêtent donc la nouvelle année le 1er janvier.

Les gens passent le réveillon en famille, on donne de l’argent dans des enveloppes aux enfants, et on visite le temple pour bien commencer l’année. Surtout, il est de coutume de ne rien faire les premiers jours de l’année, voilà pourquoi même la nourriture est souvent préparée à l’avance!

Noël fait aussi la richesse de KFC. Dans les années 70, des soldats américains cherchaient des poulets entiers pour le réveillon, et seul KFC (ケンタッキー Kentakkī) proposait des ailes de poulet frit. Voilà pourquoi aujourd’hui à Noël, il est de coutume de manger son seau de ローストチキン (Rōsutochikin : roasted chiken), que l’on peut même réserver à l’avance dans certaines chaînes, qui proposent souvent un menu 100% Noël.

Et le dessert? Il vient d’Amérique lui aussi. C’est un chiffon cake, à base de sponge cake, très léger et aérien, recouvert de crème chantilly et souvent de fraises. On le décore avec de petites figurines de Père Noël, d’animaux ou un sapin. On l’appelle クリスマスケーキ (Kurisumasukēki : Christmas Cake).

Vous avez remarqué? Noël est une fête tellement américanisée au Japon, que les mots utilisés sont souvent des mots anglophones arrangés à la sauce japonaise, si je puis dire…

Histoire d’en finir dans le kitsch et l’américanisme, l’endroit le plus en vogue pour Noël est… Disneyland Tokyo! Le parc est considéré par les Japonais comme symbole de la joie, la magie, l’amour… Bref, l’endroit idéal pour passer Noël.

Une autre tradition vient se greffer à Noël en cette fin d’année, ce sont les Lucky Bags (福袋 : Fukubukuro), des pochettes-surprises vendues très peu cher par les magasins, qui en profitent pour écouler leur stock avant de proposer des nouveautés en début d’année. 

J’espère que ce Noël au pays de l’amour, du commerce et de KFC vous aura étonnés vous aussi, et j’en profite pour remercier Google Translate! 

メリークリスマス!! Merīkurisumasu!! Joyeux Noël!!

Noël en Pologne

Dzień dobry! Bonjour!

Witamy w Polsce!! Bienvenue en Pologne!!

Retour dans l’Est de l’Europe aujourd’hui, où les traditions sont toujours très ancrées, et bien différentes d’une nation à l’autre.

En Pologne, le 24 décembre est la fête la plus importante avec Pâques, et les préparatifs, marchés de Noël et décorations sont installés dès début décembre. C’est le moment de goûter au grzaniec, du vin chaud aux épices, accompagné d’oscypek, du fromage grillé.
On peut aussi admirer les crèches dans l’églises, et assister aux spectacles des crèches vivantes, qui se produisent dans la rue comme dans les écoles, et même les lycées.

Oscypek

Le 6, à la Saint Nicolas (Mikołajki), on offre déjà quelques petits cadeaux aux enfants, des friandises ou des chocolats, en attendant Noël le 24.

On ne rigole pas avec les traditions, et il existe un nombre impressionnant de superstitions! Tout ce qui arrive le 24, en bien ou mal, peut avoir une répercussion pour l’année à venir.
En cette veille de Noël, on se lève très tôt, et on s’active! Pas question d’être fainéant, au risque de l’être toute l’année. On ne s’allonge pas dans la journée, pour ne pas attirer les maladies. On commence par faire les poussières de toute la maison, il parait que les forces du mal restent dans les objets sales. Mais attention, ne faites pas une lessive ou étendre le linge, ça porte malheur.

Enfin, à midi, lorsque la maison rutile, on décore la maison et le sapin, qui restera en place jusqu’à l’Epiphanie. On n’oublie pas de déposer un peu de gui pour porter bonheur.
L’apparition du sapin sur pied dans la maison ne date que du début du XXè siècle. Auparavant, on suspendait au plafond une podłażniczka : des brindilles de sapin, décorées avec des pommes, des noix, des biscuits, des fruits secs, des rubans colorés , et des światy, des décorations colorées faites de bandes de pain azyme.

podłażniczka

Lorsque la nuit tombe, les enfants scrutent le ciel, c’est à celui qui verra la première étoile dans le ciel (Gwiazdka), symbole de l’étoile de Bethléem. C’est le signal que l’on peut passer à table.

Sur la table, comme en Russie, on dépose un peu de paille, censée porter chance, que l’on recouvre d’une nappe blanche. Dans certaines familles, chacun tire un brin de paille. Leur taille et leur couleur prédisent un mariage, une naissance ou un décès. On n’oublie pas de dresser une assiette supplémentaire pour quelqu’un qui arriverait au dernier moment, et on invite les personnes seules, pour que tout le monde soit heureux ce soir. Mais attention, on fait toujours en sorte d’être un nombre pair autour de la table! 

Le réveillon de Noël (Wieczerza Wigilijna) marque la fin du jeûne, et est plutôt léger et sans alcool. On n’y trouve pas de viande mais beaucoup de légumes et du poisson, notamment de la carpe. D’ailleurs, à l’époque, lorsqu’il était plus difficile de s’en procurer, on l’achetait vivante et on la laissait dans la baignoire!

Toute la famille prépare ensemble les douze plats réglementaires, en référence aux douze apôtres, et on les pose tous sur la table. En effet, il est de mauvais augure de se lever de table avant la fin du repas. Et il faut goûter à chacun d’entre eux pour ne pas connaître la faim l’année prochaine.

Au programme : du barszcz wigiljny, une soupe aux betteraves (du bortsch!), de la choucroute (bigos) aux pois cassés, ce derniers assurent de bonnes cultures et des poules qui pondent en abondance, des pierogi, de la carpe, du hareng et de la kutia, comme en Russie, ou encore du kompot, un jus obtenu à partir de douze fruits macérés.
Au dessert, on sert le traditionnel roulé au pavot, le Makoviec, qui apporte le bonheur, du pain d’épice (piernik), pour la richesse, des fruits secs dont des noisettes pour la réussite, et des pommes pour la beauté et la santé. Tout est symbole!

Mais avant les agapes, un membre de la famille lit un fragment de la Bible en rapport avec Jésus, puis il est de coutume de partager l’opłatek, un pain azyme, ressemblant à l’hostie, mais rectangulaire. Celui-ci est déposé dans la plus belle assiette de la famille, décorée pour l’occasion, et trône au milieu de la table. La personne la plus âgée le rompt, et chacun en donne un bout à son voisin, en se souhaitant mutuellement bonheur, amour, paix, santé…
C’est une pratique très répandue en Pologne, à tel point que lorsqu’une partie de la famille ne peut pas être présente à Noël, on s’envoie des cartes de voeux accompagnées d’un 
opłatek. Dans les campagnes, on continue à le partager avec les animaux, qui, dans la nuit du 24 au 25, ont le don de parler le langage humain. 

Partage de l’opłatek

Lorsque le dîner est terminé, on attend le signal du maître de maison, et tout le monde se lève en même temps, c’est l’heure de la distribution de cadeaux, apportés par Święty Mikołaj (Saint Nicolas)! Et les enfants se tiennent bien jusque là : on leur a promis que s’ils étaient sages toute la journée, ils ne seraient pas punis de l’année!

On laisse alors la table en l’état, pour ne manquer de rien l’année suivante, puis on va à la messe de minuit (Pasterka), et l’on chante des cantiques de Noël, les Koledy. Cette tradition est encore très ancrée, en effet, il existe plus de 50 chants de Noël polonais et les églises sont archi-pleines!

Le 25 est une très grande fête. A la sortie de la messe, toute la famille se réunit pour un repas où l’on mange en quantité, de la viande cette fois (oie, dinde, canard…), on boit (en quantité aussi?) et on chante. 

Le 26, jour de la Saint Etienne, est férié également. Il est plutôt réservé à la famille et aux amis.

A Cracovie, il existe une autre tradition, qui m’a donné l’idée de voyager en Pologne aujourd’hui : le concours des plus belles crèches (szopka krakowska)!
Chaque premier jeudi du mois de décembre, sur le Rynek, la place du marché, au pied de la statue d’Adam Mickiewicz, on expose de magnifiques crèches, fabriquées par des pros comme des amateurs, qui mettent en scène la Nativité devant un monument connu de Cracovie, et on y place de petites poupées ou des personnages historiques de la culture polonaise. Elles sont ensuite promenées dans les rues, accompagnées par des chants de Noël. Enfin, les crèches élues sont exposées au Musée historique de la ville jusqu’en février. 

C’est une bonne raison pour faire un tour en Pologne, non?

Wesołych Świąt!! Joyeux Noël!!

Noël en Grèce

Καλημέρα!! Bonjour!! 

Kαλωσορίστε στην Ελλάδα! Bienvenue en Grèce!

Ce soir, départ pour la Grèce! Ici, les festivités de Noël durent un mois, du 6 décembre, jour où les illuminations dans les rues et les boutiques commencent à apparaître, jusqu’au 6 janvier, jour de l’Epiphanie. C’est une fête très importante en Grèce, qui permet à chacun de se retrouver en famille autour de forts symboles religieux.

La veille de Noël, le 24 décembre, la messe est très matinale : elle a lieu de 4 heures du matin jusqu’au début du lever de soleil. c’est la fin du jeûne de 40 jours, appelé « metalavia » (μεταλαυια), qui permet de demander pardon à Dieu, que l’on a sûrement offensé pendant l’année. La table est dressée pour le lendemain, et l’on y trouve de la soupe au citron, du porc rôti farci, des feuilles de chou farci, les 
Lachanodolmades (Λαχανοδολμαδεσ), et le pain du Christ, le Christopomo (χριστοψωμο)ou Christokouloura (Χριστοκουλουρα). Il est préparé la veille de Noël avec du levain maison, des noix et de la cannelle.. 
Au dessert, on trouve plusieurs sortes de gâteaux, par exemple les melomacarona (μελομακαρονα), des gâteaux secs à la cannelle, aux noix, aux amandes et au miel, les kourabièdes (κουραβιεδεσ), des sablés en forme de croissant de lune nappés de sucre glace, ou des diplès (διπλες), de fines feuilles de pâte frites enrobées de miel et saupoudrées de cannelle.

Christopomo

Dès la veille de Noël également, on chasse les mauvais esprits, les Kallikantzari (Καλλικαντζαρι). On plonge une croix du Christ avec un petit bouquet de basilic dans de l’eau bénite, et on éclabousse un peu de cette eau partout dans la maison en priant.
Les Kallikantzari sont de petits gnomes laids et malicieux qui, dans certains contes, scient l’arbre sur lequel est posée la Terre. A la veille de Noël, il ne leur reste qu’un petit bout d’écorce à grignoter, et le monde risque donc de s’écrouler! Alors, les gens leur préparent des gâteaux alléchants et en laissent devant les maisons, pour qu’ils viennent les manger. Mais une fois repus, ils sèment la pagaille partout dans la rue! Voilà pourquoi il est plus raisonnable de rester en famille pour le réveillon! Ils restent à la surface de la Terre jusqu’à l’Epiphanie, 12 jours plus tard, où ils retournent en sous-sol pour ronger l’arbre, qui, heureusement, a eu le temps de se régénérer… jusqu’à l’année suivante!
D’autres histoires racontent qu’ils descendraient même par la cheminer pour embêter les gens! Les gens superstitieux laissent donc la cheminée allumée jour et nuit pendant ces 12 jours.

Et le sapin? Oui et non! L’arbre de Noël a fait son apparition en Grèce après la guerre d’Indépendance au milieu du XIXème siècle, avec l’installation à Athènes du roi bavarois Othon Ier et sa cour. L’élite a adopté le sapin de Noël rapidement, puis il est vraiment entré dans les moeurs grecques dans la deuxième moitié du XXème siècle. 
Cependant, aujourd’hui, les Grecs reviennent à leurs racines et à côté des sapins, il n’est pas rare de voir des bateaux, surtout dans les villes portuaires et dans les îles. Dans les ports, on trouve de plus en plus de vrais bateaux décorés avec des centaines de lampions.
Dans les bâtiments comme les banques, les hôtels ou les boutiques, on trouve des maquettes de bateaux en bois et en papier, décorés de petites lampes colorées. Dans les maisons également, on les met près de la porte d’entrée ou de la cheminée. Dedans, on place une pièce ou un objet en or et la proue doit toujours être tournée vers l’intérieur de la maison, pour assurer la prospérité à la famille pour l’année à venir.

A Salonique, par exemple, depuis 1999, la mairie a décidé de placer une structure métallique en forme de trois-mâts à côté du sapin de Noël, sur la place Aristotelous, pour rendre hommage à la mer qui joue un grand rôle dans leur économie.

Autre particularité, les cadeaux ne sont pas offerts le 25 décembre, mais le 1er janvier. En effet, ce n’est pas le Père Noël qui les distribue, mais Saint Basile, dont la fête est le 1er janvier! Saint Basile de Césarée, ou Saint Vassili, était un prêtre orthodoxe d’Egypte du IVème siècle après JC. Il a oeuvré à pacifier les divisions au sein de l’Eglise, et a été le premier à distribuer des cadeaux aux pauvres. Il est vénéré comme un saint par les orthodoxes, mais aussi par les catholiques. Contrairement au Père Noël, Saint Basile a une croix, une auréole et va de ville en ville avec son bâton de pèlerin à la main, pour porter la bonne parole et donner sa bénédiction aux populations.
Pour célébrer sa fête ainsi que le nouvel an, les enfants font le tour des maisons très tôt le matin du 1er janvier, et chantent la nouvelle de son arrivée et des chants à la gloire du Christ, les Kalanda, du latin Calendae, les premiers jours de l’année qui étaient célébrés sous l’empire byzantin avec un trigone (un triangle métallique). Aujourd’hui, les enfants s’accompagnent d’un triangle. En échange, ils reçoivent un peu d’argent ou de petits chocolats.

Le gâteau incontournable du nouvel an est la Vassilopita (βασιλοπιτα). C’est un gâteau tout simple, aromatisé aux agrumes, dans lequel on cache une pièce d’or. Celui qui la découvre en coupant le gâteau est assuré d’être chanceux l’année à venir!
Cette tradition vient du temps de Saint Basile, alors que le gouverneur de Cappadoce, très en colère contre ses administrés qui ne pouvaient plus payer les taxes (aucun rapport avec les évènements actuels!!!), partit lui-même les collecter dans chaque maison. Apeurés, les habitants demandèrent la protection de leur évêque. Celui-ci leur conseilla d’offrir chacun un objet de valeur au gouverneur, ce qui apaiserait sa colère. En effet, ce dernier, ému par le geste de Saint Basile qui défendait sa population coûte que coûte, refusa tous ces cadeaux. Mais, lorsqu’on voulut rendre les objets à leurs propriétaires, on ne savait plus à qui ils appartenaient. Saint Basile eut alors l’idée de demander à chaque famille de préparer un gâteau, dans lequel elle glisserait un des objets. Par miracle, chacun retrouva ensuite son bien dans sa galette.

Aujourd’hui encore, avant de découper le gâteau, le maître de maison fait le signe de croix sur le dos du gâteau avec un couteau. Il souhaite à tous les membres de la famille Chronia Polla, « nombreuses années » (χρονια πολλα) puis coupe les parts : la première revient au Christ, la deuxième à la maison, la troisième aux pauvres puis il distribue le reste aux personnes présentes par ordre d’âge.

Lorsqu’on rentre dans une maison le jour de l’an, il faut y pénétrer du pied droit. Cette tradition s’appelle podariko (ποδαρικο), cela augure un bon déroulement de l’année à venir.
De plus, la grenade fait partie des décorations de Noël les plus courantes. En effet, il est d’usage de la jeter sur le seuil de la maison, et plus le nombre de graines étalées est grand, plus l’année sera prospère.

Autre tradition symbolique : dans certaines régions, on fait brûler une bûche appelée bois du Christ pendant le repas de Noël. On répand ensuite les cendres partout la maison afin de la protéger pour l’année à venir.
D’après la légende, les sources et les fontaines sont visitées la nuit par les Nymphes et les Néréides, qui leur donnent le pouvoir de guérison et de satisfaire tous les désirs. Voilà pourquoi, en Epire, région de la Grèce du Nord, on offre à la fontaine du beurre et du fromage, puis on prélève un peu d’eau, dans laquelle on met une branche de ronces et trois cailloux. On bénit ensuite la maison avec cette eau, et on éparpille les trois cailloux.

Les festivités de Noël et du jour de l’an se terminent par l’Epiphanie, appelée Theophania (Θεοφάνεια). On célèbre le jour du baptême du Christ, plutôt que la venue des rois mages. Le pope bénit les eaux de la mer et jette une croix dans l’eau. Une douzaine de courageux se jette alors à la mer pour la récupérer. Celui qui la remonte est béni par le pope. Cette tradition est appelée Ta Fota (τα φωτα).

A demain pour découvrir les coutumes d’un autre pays!!

Καλά Χριστούγεννα ! Joyeux Noël !

Noël en Australie

Welcome to Australia !!

J’avais envie de passer Noël à la chaleur aujourd’hui, direction donc l’Australie (ma pauvre Lucette? Allez, j’ose!)

Ici, dans l’hémisphère sud, c’est l’été et le début des grandes vacances. Sous 30°C, les coutumes de Noël se sont adaptées au climat. Adieu donc le repas au coin du feu, bonjour le pique-nique à la plage en maillot de bain! 

Partons à Adelaide, au sud de l’Australie, où un samedi matin de début novembre se tient la Parade de Noël, qui marque le début des festivités. C’est une procession d’artistes de cirque, d’acrobates, de clowns, de danseurs, qui se termine par la venue du Père Noël, et qui finit par s’engouffrer dans la Cave Magique du magasin David Jones, où tous les enfants peuvent venir voir le Père Noël et lui donner leur liste de cadeaux.

La cave magique du Père Noël

L’Australie a beau être un grand melting pot, les traditions anglo-saxonnes prédominent. A l’approche de Noël, on décore les maisons, même avec des boules de neige et des traîneaux, on accroche une chaussette de Noël à sa porte, on décore aussi l’arbre de Noël, qui n’est pas un sapin, mais le « Chritmas Bush ». C’est une plante indigène, dont les boules couleur crème deviennent des fleurs d’un rouge éclatant à l’approche de Noël.

Le Christmas Bush

Le soir de Noël venu, on chante des Chistmas Carols, des chants de Noël, comme Jingle Bells ou White Wine in the Sun. D’ailleurs, saviez-vous que les premiers chants de Noël, « Carols by Candlelight » (les chants à la lumière des chandelles) viendraient d’Australie, et auraient été propagés ensuite dans le reste du monde?
Ils seraient apparus dans les mines du sud du pays à la fin du XIXè siècle, lorsque les mineurs célébraient Noël en chantant avec des bougies collées à leurs casques. Un animateur de radio de Melbourne, Norman Banks, aurait eu vent de cette coutume et aurait popularisé cette pratique en passant ces chants à la radio, pour égayer le Noël des personnes seules. En 1938, cette opération a réuni 10 000 personnes, ainsi, la tradition est encore perpétuée et les Chistmas Carols exportés, à tel point qu’ils sont l’objet d’un évènement majeur à Melbourne au moment de Noël.

En effet, depuis le 24 décembre 1959, au Sidney Myer Music Bowl de Melbourne, une scène en extérieur avec vue sur le fleuve Yarra, se tient le concert de Noël avec de nombreux artistes célèbres australiens, qui viennent interpréter les chants traditionnels de Noël. Le concert est diffusé en direct à la télévision australienne et dans tout le sud de l’Asie, et toute la ville est illuminée de bougies.

Le repas de Noël est dégusté le 25 à midi. C’est un évènement si important que le marché de Sydney est ouvert 36 heures non stop avant Noël. Là encore, les traditions anglo-saxonnes sont bien ancrées, comme celle des crackers, des petites papillotes de carton que l’on fait craquer, et qui contiennent des blagues ou des petits cadeaux, et une couronne de papier à garder pendant tout le repas!
Cependant, étant données les températures, il est fréquent de trouver des fruits de mer et du poisson, comme le barramundi, un poisson typique australien, à la place de la dinde, et de la Pavlova, un dessert australien à base de meringue, de crème et de fruits frais, au lieu du traditionnel Christmas pudding.
De même, on boit plutôt une coupe de champagne bien frais qu’un lait de poule! 

Les crackers !

Enfin, les touristes et les étrangers ne sont pas oubliés. Sur la plage de Bondi Beach, à Sydney, une grande fête est organisée, avec un barbecue géant, et il n’est pas rare de voir débouler Santa Claus sur son surf dans la foule!

Il y a une vingtaine d’années, des européens étaient tellement déçus de ne pas pouvoir fêter Noël au froid et à la montagne, qu’ils ont demandé en plein mois de juillet à leurs hôtes tous les ingrédients habituels du repas de Noël et les décorations associées. Depuis, dans la région de Blue Mountain, on fête Yulefest en juillet dans de nombreux hôtels et restaurants. Et avec un peu de chance, on peut y voir de la vraie neige!

Pour finir, la période de Noël marque aussi le début de la saison sportive. Le 26 décembre à Melbourne se tient le Boxing Day Test, un match amical de… cricket!
Le même jour débute une des régates les plus difficiles du monde entre Sydney et Hobart en Tasmanie.

Nous avons fini notre petit tour des coutumes australiennes, que je pensais plus originales. Mais rien que pour avoir 30°C à Noël, je les envie!!!

Vous avez remarqué qu’il y a eu un petit raté hier, alors vous aurez un deuxième article plus tard dans la journée!!

Merry Christmas!!