Noël aux Antilles

Bonjou!!

Bel bonjou aux Antilles!

Restons dans les îles, et au chaud!

Joie et partage sont les maîtres mots de tout le mois de décembre aux Antilles. On chante, on danse, on mange, on défile, bref, décembre est un mois très chargé aux Antilles!

Revenons au temps de l’esclavage, lorsque les esclaves étaient considérés comme des biens, et non comme des êtres humains. Cependant, les Code Noir, qui définissait les droits des propriétaires sous Louis XIV, imposait que les esclaves soient baptisés et reçoivent une instruction catholique. Comme les autres fêtes, Noël a donc été imposé aux esclaves, qui ont fini par adopter le catholicisme, tout en gardant leurs croyances et leurs coutumes. 

Les esclaves avaient le droit de se réunir seulement le 24 décembre au soir. C’est ainsi que sont apparus les Chanté Nwel. Pendant longtemps, cette tradition s’est maintenue, on faisait la « ribote » : après la messe de minuit, on passait de maison en maison en chantant avec un orchestre pour fêter Noël, et dans chaque maison on partageait le repas et les boissons. 

Aujourd’hui, on participe aux Chanté Nwel  régulièrement dès le premier dimanche de l’Avent. Des groupes revisitent les cantiques chrétiens à la mode antillaise, et tous les spectateurs chantent et dansent aux sons des instruments locaux, tels les tambours, gwoka, ti-bois ou chacha, une sorte de calebasse. Puis, la nuit du 24 décembre, un petit groupe de fêtards passe de maison en maison, s’arrête pour manger, boire et danser quelques minutes dans chaque habitation, au fur et à mesure, tous rejoignent le cortège qui grossit au fil des heures, jusqu’au petit matin.

Le gwoka

La fête la plus populaire en Guadeloupe, Nwèl Kakado, a lieu à Vieux-Habitants, la plus vieille commune de l’île. Kakado est le nom d’une petite écrevisse des rivières, que les esclaves mangeaient à Noël.
La ville tient à faire perdurer ses traditions culinaires et musicales, et cela fonctionne, puisqu’elle attire de plus en plus de visiteurs. 
Autrefois, pour marquer la fin de la récolte de café, les propriétaires des caféières de la ville avaient pour coutume d’offrir à une femme la dernière branche de caféier qui avait été cueillie. Celle-ci était alors chargée de réaliser la crèche de la commune avec un homme de son choix. Aujourd’hui, pour faire perdurer la tradition, chaque dimanche de l’Avent, dans un quartier différent, la population élit un roi et une reine, qui défilent aux flambeaux dans le quartier et deviennent les présidents de la crèche Kakado, qui désigne le lieu de la fête, où l’on entonne les Chanté Nwèl autour d’un repas. 

La fin de la fête, le 24, est célébrée au son des chants du « bélé », des chants de travail des cueilleuses de café. Le cochon, qui a été tué pour l’occasion, est alors mangé sous toutes ses formes.

C’est une tradition courante aux Antilles, les hommes tuent le cochon tous ensemble le 23 décembre, et les femmes en font du ragoût, du boudin noir, du pâté, enrobé dans une pâte brisée croustillante, et bien sûr, du jambon caramélisé à l’ananas.

Ce dernier est accompagné de couscouche, un tubercule local blanc ou violet, que l’on cuit à la vapeur ou à l’eau, comme des pommes de terre. Pour la boisson, outre le punch, on boit du shrubb, une liqueur à la liqueur d’orange. On peut aussi parfumer son rhum au sirop de groseille pays, qui provient de fleurs d’hibiscus local.

Couscouche

Au dessert, les Antillais mangent de la bûche, mais version locale, souvent avec de la coco, ou du blanc manger. On mange aussi du pône, un pain à la patate douce et au giraumon, une sorte de potiron local.

Blanc manger coco mangue

Certains conservent même trois pépins d’agrumes utilisés pour le shrubb dans leur porte-monnaie, il paraît que cela amène la fortune.

La veille de Noël, il est aussi habituel de chercher de l’igname sauvage, comme nous partons à la chasse aux champignons. C’est un  tubercule fondant très prisé, parce qu’il pousse seulement au pied de certains arbres. On repère la liane de la plante de l’igname, on creuse pour récupérer sa racine, puis on remplit le trou avec des feuillages pour que l’igname soit plus beau l’année suivante.

Igname

J’espère vous avoir fait apprécier la saveur de Noël aux Antilles, qui y conserve tout son esprit : la joie et le plaisir d’être ensemble et de partager!

Jwayé Nwèl!!

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