Erice, en Sicile

Erice Château normand

Nous repartons en Sicile aujourd’hui !

Après avoir visité Trapani l’an dernier, je vous propose de prendre un peu de hauteur et de monter tout en haut de la colline, dans une petite ville médiévale nommée Erice.

Commençons avec un peu de prononciation : de grâce, ne dites pas que vous êtes allés à « Erissé », on prononce « Eritché ». Ca vous évitera de passer pour le touriste de base.

Comme souvent, l’histoire de la ville et la mythologie s’entremêlent.
Une légende raconte qu’Eryx, fils d’Aphrodite, la déesse de la beauté et de la fécondité, régnait sur la région nommée Erycie. Il était belliqueux, défiait au combat tous ceux qui approchaient, et les tuait lorsqu’ils perdaient (sympa).
Manque de chance, Hercule, qui venait d’achever le dixième de ses travaux (vaincre le géant à trois corps Géryon, et voler son troupeau de boeufs), arriva dans la région avec les boeufs et fut défié par Eryx.
A l’issue, soit Eryx perdrait son royaume, soit Hercule perdrait ses boeufs. Eryx trouva l’offre disproportionnée, mais il accepta, quand il apprit que s’il perdait ses boeufs, Hercule n’achèverait pas son travail et perdrait alors son immortalité.
Pas de suspense : Eryx mourut et fut enterré dans le temple dédié à Aphrodite, sur le mont qui prit son nom.

Voilà pour la légende. De façon plus historique, et véridique, dans l’Antiquité, la ville a toujours été siège d’un culte à Aphrodite, nommée aussi Astarté ou Vénus selon les époques.
Elle servait de phare pour les marins, car on allumait la nuit un grand feu dans le temple.
Sa position près de la mer et en hauteur en a fait une base carthaginoise importante aux VI et Vè siècles avant JC. Puis, en 1167, elle est devenue normande, après sa conquête par le comte Roger. Ce dernier aurait vu Saint Julien en rêve pendant le siège de la ville. Voilà pourquoi le mont s’est appelé Monte San Giuliano jusqu’en 1934.

Erice Porta Trapani
La Porta Trapani, à l’entrée de la ville

La ville est piétonne, il vous faudra donc laisser votre voiture sur le parking à l’entrée, ou prendre les télécabines depuis Trapani, qui offrent un très beau panorama sur la mer et les salines.

J’aime beaucoup cette ville, qui, bien qu’envahie par les touristes pendant la saison, reste authentique, déconnectée et reposante.
C’est un réel plaisir de se balader dans les ruelles pavées, aux dessins géométriques, et de découvrir les monuments en flânant.

Ruelles d'Erice

Erice compte, comme souvent, de nombreuses églises. La plus imposante est le Duomo, la Chiesa Matrice, construite en 1314 avec des matériaux provenant du temple de Vénus. Dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, elle est dotée d’un porche en arc brisé, surmonté par une magnifique rosace. Juste à côté se trouve l’ancienne tour de guet, devenue campanile.

Chiesa Madre à Erice

Beaucoup d’églises accueillent aujourd’hui des activités scientifiques et culturelles. Par exemple, le couvent de l’église San Pietro est l’une des antennes du Centro di Cultura Scientifica Ettore Majorana, un brillant savant sicilien, disparu mystérieusement avant la seconde guerre mondiale.
Le centre propose des cours et des conférences sur tous les sujets scientifiques, de la médecine aux mathématiques.

Palais aristocratique Erice
Un des nombreux palais aristocratiques, au détour des ruelles

Une autre église mérite l’attention : San Giovanni Battista. C’est certainement la plus ancienne église d’Erice, bien qu’elle ait été réaménagée plusieurs fois. Aujourd’hui, elle est utilisée comme salle de concerts.

En effet, chaque année en septembre se tient un important festival de musique médiévale et renaissance, très réputé.

Bartolucci Erice
Bartolucci est monté jusqu’à Erice ! (tu comprendras si tu es allé à Rome!)

Autre monument remarquable : le château Normand, construit aux XII et XIIIè siècles sur les ruines du temple de la Vénus Erycine. On y entre par une tour, qui servait de tour de guet et de prison. Au-dessus de l’entrée se trouvent les armoiries de Charles Quint, qui témoignent du caractère défensif du château, et à l’intérieur, restent les ruines du temple de Vénus Erycine, une maison phénicienne, un puits sacré et des thermes romains.

Erice Château normand
Le château normand vu de l’extérieur
Erice Château normand
A l’intérieur du château

Près du château se trouve un mur, appelé le mur de Dédale.
Voilà encore une légende, qui raconte que Dédale, après avoir construit le labyrinthe où était enfermé le minotaure, fut invité par le roi Cocalo en Sicile, où il construisit de nombreux édifices.
L’historien Diodoro Siculo explique : « Près d’Erice se trouvait une falaise si haute que les constructions autour du temple de Venus risquaient de tomber dans le précipice.
Dédale les consolida, et entoura la roche avec un mur et en élargit son sommet admirablement. Après cela, il consacra à Aphrodite une ruche en or, un travail extraordinaire qui imitait une réelle ruche à la perfection. »
Au-delà du mythe, ce mur est l’un des derniers vestiges de constructions à Erice qui datent du IV et IIIè siècles avant JC.

Mur de Dédale Erice
Une partie du mur de Dédale

Devant le château se trouve un jardin public du XIXè siècle, le giardino del Balio, avec ses magnifiques vues sur la campagne environnante, les salines, la mer et au fond les îles Egades.

Giardino del Balio Erice
Giardino del Balio
Erice panorama
La vue depuis Erice

A demain pour ouvrir une nouvelle case de notre Calendrier de l’Avent !

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3 réflexions au sujet de « Erice, en Sicile »

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